La vidéo est le moyen le plus facile pour rejoindre le public - GOSTARTIS MÉDIA

À l’ère des réseaux sociaux, de YouTube et du sociofinancement, la vidéo est un moyen efficace de rejoindre son auditoire. Cependant, vous remarquez facilement qu’il y a de bonnes et de moins bonnes vidéos. Comment fait-on pour que la nôtre soit dans la première catégorie et qu’on fasse parler de nous pour son contenu et non par nos erreurs liées à la forme ? Voici quelques trucs de tournage et de montage pour débuter.

Il faut comprendre que selon la caméra que nous utilisons, les paramètres que je décrirai peuvent ne pas être présents. Dans ce cas, gardez en tête l’impact que ce paramètre a sur l’image et assurez-vous qu’en modifiant ce qui est disponible, vous puissiez arriver à un résultat similaire.

En premier, il est important que les paramètres de la caméra qu’on utilise restent toujours avec les mêmes paramètres vidéo tout au long du tournage. Voici les paramètres d’enregistrement recommandés pour une publication sur le web :

  • Cadence : 29,97 images par seconde
  • Résolution : 1080p (jamais 1080i)
  • Format de fichiers MP4 si disponible, sinon AVCHD.

Sur les lieux de tournage, d’autres fonctionnalités vont influencer la qualité de l’image en fonction de l’environnement dans lequel on se situe. Je ne recommande pas de laisser tout à automatique puisque la caméra peut compenser de manière erronée des changements dans l’image. Le mode manuel est recommandé et il y a 4 paramètres à ajuster.

  • ISO ou dB : Il s’agit de la sensibilité du capteur à la lumière : Idéalement le chiffre le plus bas possible est meilleur. Un ISO ou dB élevé donnera une image granuleuse de moins bonne qualité.
  • Ouverture : Souvent situé entre 1,4 et 25. Plus le chiffre est élevé, moins la caméra laisse passer de lumière jusqu’au capteur. L’ouverture a aussi une influence sur la profondeur de champ, c’est-à-dire la zone d’où l’image n’est pas floue. De ce côté, plus le chiffre est petit, plus la profondeur de champ est courte. Une courte profondeur de champ ne permet pas de bouger (avant-arrière), mais peut ajouter un flou à l’arrière-plan qui rend les images plus professionnelles.
  • Balance des blancs (white balance ou WB) : Elle doit toujours être fixe et faite en mode « personnalisé » avec un carton blanc dans l’environnement où aura lieu le tournage. Il s’agit du dernier paramètre à modifier juste avant le tournage pour s’assurer que l’éclairage est représentatif de ce qui sera filmé. Cette fonction permet d’assurer la bonne restitution des couleurs par la caméra. Laisser cette fonction en mode automatique peut changer la teinte des couleurs pendant l’enregistrement et cela est irrécupérable au montage. Un exemple de température de couleurs ? Le coucher de soleil est orangé et celui de midi est plus « naturel ».
  • Fréquence d’image : Souvent, on aura le choix entre 24, « 29,97 », 30 ou 60 images par seconde. Le meilleur choix en vidéo est toujours 29,97. Cela dit, certaines caméras n’offrent pas ce choix exact. Dans ce cas, on utilise 30 images par seconde. Plus le chiffre est bas, plus on ressent un effet film ; la pellicule avançait à un rythme de 24 images par seconde. Plus le chiffre est élevé, plus il est possible de ralentir les images sans que la vidéo devienne saccadée.
  • Mise au point (focus) : Il est très important de s’assurer que la mise au point soit exactement sur les yeux de l’intervenant et non sur l’arrière-plan ou les mains. Rien n’est plus dérangeant qu’une image qui n’est pas nette… et c’est irrécupérable au montage.

*L’utilisation de la fonction « zebra » ou indice de luminance à 70 % est une bonne pratique puisqu’elle indique une luminance (la force de la lumière) égale ou supérieure à 70 %. En vidéo numérique, lorsque la luminance atteint 100 %, il y a une perte d’information qui est irrécupérable. C’est pourquoi il vaut mieux parfois avoir des images légèrement plus sombres que surexposées.

Zoom : Plus une caméra est en zoom, plus le flou sera fort à l’arrière des intervenants. À moins d’avoir une raison spécifique et d’avoir l’agilité avec les zooms, on évite de zoomer durant l’enregistrement parce qu’un zoom malhabile peut faire décrocher un spectateur.

Cadrage : Il y a différents cadres qui sont possibles en tournage. Pour une entrevue, on essaie de faire des plans taille qui permettent de voir les mains des intervenants. On ne va pas en plan épaule ou en gros plan sans avoir une autre caméra fixe et plus large.

 

 

En vidéo, afin de correctement restituer l’environnement pour le spectateur, certaines règles ont été établies. En voici quelques-unes :

Règle des tiers : Cette règle signifie qu’on divise notre image en trois parties égales verticalement et horizontalement. Les points de jonction sont les endroits où l’oeil est naturellement attiré. Il s’agit donc de placer à ces endroits ce qui est important (ex. : le visage de la personne). C’est pourquoi on ne centre pas les gens à moins de vouloir donner un effet particulier (ex. : solitude).

Règle du 30 degrés : Si 2 caméras sont sur le même sujet, elles doivent avoir soit un angle de 30 degrés de différence entre les deux ou une échelle de plan différente. Si cette règle n’est pas respectée, lorsqu’on passe d’une caméra à l’autre, on a l’impression d’une mauvaise coupe au montage.

Règle du 180 degrés : Cette règle stipule que le regard entre deux personnes (ex. : entre un interviewer et son intervenant) crée une ligne. Si une personne regarde vers la droite du cadre, elle “parlera” donc automatiquement avec la personne qui regarde, dans le plan suivant, vers la gauche du cadre. Inversement, si deux personnes, dans deux plans différents, regardent vers la droite du cadre, elles seront réputées pour regarder dans la même direction et donc, ne s’adressant pas la parole. Pour éviter de briser cette règle, il faut que les caméras restent toujours du même côté de la ligne créée avec les regards.

Disposition de la personne : Elle peut être debout ou assise, mais attention aux effets que cela peut donner. Par exemple, une chaise massive peut donner l’impression qu’une personne est faible et qu’elle se fera “engloutir”. Il faut toujours mettre la caméra à la hauteur des yeux de la personne. Une caméra plus haute donne un effet d’infériorité à la personne en entrevue et une caméra plus basse donne, à l’inverse, un effet de puissance. À moins de rechercher un effet artistique précis, on ne demande pas aux intervenants de regarder directement à la caméra, mais plutôt à côté où se trouve la personne qui fait l’entrevue. Il faut éviter les chaises berçantes ou à roulette afin de ne pas avoir de tics nerveux de la personne. Si vous remarquez que la personne joue avec ses doigts ou avec sa bague, essayez de la mettre en confiance en disant qu’on peut reprendre plusieurs fois et qu’un montage sera fait. La vidéo est la communication par l’image. Le sentiment qui découle du premier regard ou si un élément attire l’attention ailleurs que sur le propos ou la personne qui est à l’écran, il faut le corriger avant le tournage.

Il faut généralement mettre les gens à deux mètres des murs ou de l’arrière-plan pour éviter des ombres.

Il ne faut pas avoir peur de “diriger” les gens lors des entrevues. Il faut reposer la question pour que la réponse soit reformulée plus rapidement et simplement si une réponse contient trop de “euh” et de blocages. On peut reprendre une question sans nécessairement couper à la caméra. C’est la beauté du montage !

Lors d’une entrevue, il faut toujours prioriser les yeux ou, du moins, le visage de la personne qui parle. Cette règle vaut autant pour le focus que pour la luminosité.

Éclairage : Dans un environnement sans éclairage ajustable (intérieur ou extérieur), toujours s’assurer que la lumière arrive à 45 degrés dans le visage de la personne. Éviter tout contre-jour. Dans une pièce peu éclairée, on peut faire le tournage près d’une fenêtre (sans la mettre dans le cadre).

La lumière naturelle est souvent plus intéressante que la lumière artificielle. Il n’est pas souhaitable de jumeler les deux types de lumière puisqu’elles ont différentes « températures de couleur » ce qui affectera la balance des blancs de la caméra et fera jurer l’une avec l’autre (trop orangée ou trop bleutée par rapport à la réalité). Avec la lumière naturelle, il faut cependant faire attention aux changements de luminosité au courant de l’enregistrement si un nuage bouge ou si, sur plusieurs heures, le soleil se couche.

Lorsque nous avons des spots d’éclairage, nous devons en utiliser trois pour faire un éclairage de base :

  1. Le « key » : La lumière principale est la plus forte et doit être à 45 degrés plus haut et 45 degrés à gauche ou à droite (selon le cas) de la ligne du regard de la personne.
  2. Le « fill» (moins forte que le key) : Cette lumière secondaire vient remplir le manque sur le côté du visage qui est plus exposé à la caméra. Cette lumière doit être placée à 45 degrés en haut et à 45 degrés à droite ou à gauche (selon le cas) du regard de la personne.
  3. Le « back» (la plus faible) : La lumière provenant de l’arrière permet de donner du volume à la personne, y donne son effet 3D. Comme son nom l’indique, elle viendra remplir l’arrière de la tête, mais son halo donnera l’effet désiré.

*Dans cet exemple, la caméra pourrait être plus à la droite pour éviter que le sujet regarde directement à la caméra.

Son

Voici les paramètres optimaux pour une meilleure qualité.

  • Profondeur : 24 bits (16 bits est aussi convenable)
  • Fréquence : 48 kHz est la qualité DVD (44,1 kHz est la qualité CD)
  • Enregistrement en WAV si disponible. Si l’enregistrement se fait en fichier MP3, il faut s’assurer d’avoir un débit de données de 256 à 320 kbit/sec.
  • Il faut écouter le son qui s’enregistre avec des écouteurs en tout temps afin de s’assurer de sa qualité.

De manière générale, le micro doit toujours être dirigé vers la source de son et en être le plus près possible pour éviter les bruits ambiants et la réverbération.

  • Micro-cravate : L’endroit idéal est le plexus. Placer le micro sous les vêtements si l’intervenant est à l’aise. Attention au frottement des vêtements sur le micro.
  • Micro omnidirectionnel (bâton) : il faut le situer à une distance de 20 cm sous le menton. Il faut éviter d’entendre le souffle de la personne et qu’elle ne fasse pas de sons saturés avec les “p” ou les “t”.
  • Micro omnidirectionnel (perche) : Le micro doit être en tout temps devant la personne (et non au-dessus). Il faut alors viser la bouche et s’assurer de rester hors du cadre de la caméra en tout temps.
  • Micro unidirectionnel : Le sujet doit être fixe et ne pas se balancer ou se déplacer. Le champ d’action est très restreint. Je déconseille son utilisation en entrevue.

*À l’extérieur, le vent est le plus grand ennemi de la qualité de son. Il faut s’assurer d’avoir des mousses à mettre sur les micros afin de réduire l’impact du vent. Éviter les endroits à aire ouverte où le vent prend facilement de la vitesse.

Le son est souvent considéré comme étant moins important sur un plateau de tournage, mais c’est une erreur de penser ainsi. Un problème de son est plus rapidement perçu par un spectateur qu’une erreur à l’image.

Lors d’un tournage, il faut se dire qu’on ne peut rien arranger au montage. Le monteur améliore les images, mais ne fait pas des miracles.

Cellulaire

Pour celles et ceux qui ont seulement un cellulaire comme caméra vidéo, assurez-vous d’avoir un trépied pour le tenir et puisqu’il est rare qu’un appareil donne beaucoup de choix sur les paramètres, on va s’assurer de bloquer la luminosité et le focus sur le sujet. Ainsi, la luminosité et le focus resteront constants tout au long de la vidéo.

Pour le son, je vous conseille de faire de la narration sur vos images et de ne pas avoir d’entrevues à l’écran puisque les micros des cellulaires sont horribles. Cela dit, si notre concept amène à ce qu’on doit absolument être entendu devant la caméra, je vous conseille de vous munir d’un dictaphone comme micro ou encore d’un 2e cellulaire, mais qui sera tenu près de votre bouche comme un micro omnidirectionnel.

Montage

Maintenant que vous avez de belles images et un son riche et de qualité, il est temps de choisir son logiciel de montage. Si vous avez un Mac, un iPhone ou un iPad d’une génération relativement récente, vous avez accès gratuitement à iMovie. Pour les utilisateurs PC, la version gratuite est Windows Movie Maker. Une simple recherche dans votre ordinateur vous permettra de localiser ces logiciels qu’on a tendance à mettre dans un dossier à part. Si vous n’avez pas accès à ces deux logiciels, je vous recommande Adobe Premiere Elements qui est payant, mais très utile pour les débutants. Voici mes trucs pour bien monter.

  • Assurez-vous que le son soit constant en utilisant la fonction vumètre. Un son naturel se situe entre -6 et- 12 dB.
  • Les musiques de fond doivent être mises à un niveau sonore de -28 dB
  • Pour les images, essayez de garder un rythme constant et suivez une musique pour vous aider. Si, en le regardant, vous sentez que quelque chose cloche sans savoir pourquoi, cela signifie que le rythme n’est probablement pas le bon.
  • Il faut éviter à tout prix les transitions extravagantes. Seuls les coupes sèches (sans effet), les fondus enchaînés et les fondus au noir sont jugés comme « professionnels » dans la sélection de base des logiciels de montage.
  • Utilisez des images autres que celles de l’entrevue pour illustrer les paroles de la personne interviewée. Rester trop longtemps sur un plan fixe d’une personne qui parle peut devenir ennuyant. Demandez-vous de quoi parle la personne et est-ce que j’aurais des images qui prouvent ou démontrent ses dires. On appelle cela des plans de coupes et ils sont essentiels.

Lorsque vous croyez avoir quelque chose de final entre les mains, faites regarder votre vidéo à plusieurs personnes. Elles vous donneront un avis extérieur franc. Laissez votre égo de côté, il vous nuit durant ces moments de critiques. Il faut rester ouvert puisque même si notre scénario est béton dans notre tête, si les gens qui regardent ne comprennent rien… c’est eux qui ont raison et il faudra ajuster le tir !

Bon tournage !