Mélanie Nadeau est Alice dans la Lune - GOSTARTIS MÉDIA

Découvrez l’univers fantastique d’Alice dans la lune.  Laissant ses idées spontanées la mener, Alice dans la Lune mise sur l’absurde, le surréaliste et donne dans la mise en scène de l’étrange. Ses oeuvres reflètent ses passions l’étrangeté, le cinéma d’horreur et de fantaisies, les collections d’objets, les antiquités, les animaux à la bouille bizarre, les jeux de mots, les pensées folles qui la guident dans sa vie… Essayer de renouveler le genre est son but.

Mélanie Nadeau est

Alice dans la Lune

D’où vient ton nom d’artiste « Alice dans la Lune ? » Est-ce que tu t’es inspiré de la chanson d’Indochine portant ce titre ?

Ce nom provient en effet d’une chanson de Nicolas Sirkis, chanteur du groupe Indochine. Je l’ai choisi car j’aimais le côté fantaisiste et mélancolique du titre et des paroles de la chanson. Ça me parlait. J’aime le prénom Alice qui fait clin d’œil au personnage principal du livre Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. Puis je suis un peu dans la lune aussi parfois. Ça me rejoint bien (rires).

C’est vrai que tu le portes bien. Pourquoi peins-tu tes personnages en enfant ? Est-ce pour dépeindre leur candeur et leur grand sens de l’imagination?

Premièrement, je trouve le visage des enfants plus intéressant. On dit que les yeux ne grandissent pas. Ils ont la même dimension à l’enfance qu’à l’âge adulte. J’aime donc l’effet des grands yeux sur eux. Souvent on qualifie mon travail de «Big Eyes» comme le titre du film de Tim Burton qui raconte l’histoire de la peintre Margaret Keane. Je fais des «gros yeux» depuis bien avant que le film soit sorti. Or, la période de l’enfance est la fondation de chacun. J’aime surtout peindre les enfants âgés entre 4 et 12 ans lorsqu’ils forgent leur personnalité. Mes sujets ne sont pas très adultes. J’ai peut-être le syndrome de Peter Pan !

(Rires) c’est intéressant de voir des personnages vilains lorsqu’ils sont enfants comme le Joker! C’est rare qu’on les voie de cette façon!

Oui j’aime jouer avec les contrastes. J’aime bien les films avec des enfants diaboliques comme The Omen.

Tu as des créations personnelles aussi ! Est-ce qu’elles sortent entièrement de ton imagination ou elles sont inspirées d’autres œuvres ?

Elles sortent de ma tête. Mon travail personnel est très lyrique. Je compte un jour en faire un livre. Je suis influencé par certains réalisateurs au cinéma et des écrivains. C’est possible de reconnaitre des références aux frères Grimm, à Hans Christian Anderson, à Charles Perrault, à Guillemo Del Toto ou à Michel Gondry par exemple. Pour ce qui est de mon style, je suis surtout influencée par un mouvement qu’on voit davantage en Californie qui s’appelle le «Lowbrow». C’est du pop surréalisme. Le précurseur est Mark Ryden. Il peint aussi des enfants.

Cette œuvre personnelle m’intrigue. Est-ce que tu peux nous en parler un peu ?

Ah celle-ci c’est L’enfant boule renard. J’avais envie de peindre une série d’enfants avec un totem d’animal pour chacun. Le projet a été mis de côté. J’aime bien le mélange d’humains et d’animaux. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être que chacun se ressemble d’une certaine manière. Le terme    « enfant boule » est venu comme ça. J’ai de l’imagination pour les jeux de mots un peu bizarre. Le simple fait de voir un objet ou une image me fait penser à des titres. J’ai été adepte d’écriture automatique il y a plusieurs années. Maintenant je le fais en image.

Est-ce que tu fais des commandes pour d’autres personnes même si ce ne sont pas des illustrations que tu serais porté à faire?

Oui ça m’arrive de faire des commandes spéciales. Les dernières étaient surtout des portraits d’enfants. Pour être inspiré, j’ai besoin de ressentir quelque chose vis-à-vis le sujet demandé. Je ne voudrais pas faire seulement des commandes. Je veux qu’il y ait de la liberté dans mon travail.

Qu’est-ce qui t’attire dans la fantaisie, l’horreur, le surréalisme et l’étrange ?

J’aime les histoires qui sortent de l’ordinaire. Avec l’art, je veux m’évader et ne pas voir des choses de la vie courante. Je préfère voir des choses qui ne se peuvent pas. Ça laisse plus de place à l’imagination. Il n’y a pas de barrières. Je n’aime pas le «gore» comme film d’horreur. J’aime plutôt les films sur les esprits, les fantômes… «Évasion» est donc le mot clé. J’ai toujours été attiré par ça, même jeune. J’aime aussi les trucs rétro. Je collectionne les objets anciens. Ça peut influencer et donner une teinte à mon travail. J’ai toujours aimé ce qui est à part, ce qui sort des normes comme le côté sombre des gens.

J’ai l’impression que certaines illustrations sont associées entre elles. Est-ce que tu peins des personnages en série aussi ?

Hum rarement. Je compte peut-être le faire davantage. En fait j’ai eu ma série Harry Potter et compagnie. J’ai fait mes petits superhéros aussi. On peut également parler de ma série de petits peintres célèbres comme la petite Frida, qui a eu une certaine popularité, mon petit Vincent Van Gogh et petit Salvator Dali. Je suis bien fière de cette petite collection et je compte y ajouter Andy Warhol et Picasso. Sans le vouloir, peut-être que oui au fond je peins souvent des séries (rires).

Tu es plutôt active sur les réseaux sociaux avec tes projets. Combien de temps te prend-il environ pour faire une illustration ?

Dessiner le croquis est généralement rapide. Peindre, par contre, c’est assez long. Pour une peinture qui fait 12 x 16, on peut dire que ça me prend de 25 à 30 heures.

Quels sont tes matériaux de travail ?

Je peins surtout des formats de 11x14 et de 12x16. Les plus gros me font un peu peur dû au fait que j’ai un problème à mon épaule droite. Parfois cela m’arrive d’en faire, mais je dois peindre en aplat. Je peins en regardant des films. J’aime l’acrylique car cela sèche plus vite. L’huile m’attire, mais son séchage n’est pas très rapide et son odeur m’incommode malheureusement. Les médiums que j’utilise sont donc principalement l’acrylique, mais parfois l’aquarelle et l’encre également. Je peins surtout sur panneaux de bois. J’aime l’aspect lisse. Peindre sur toile est trop texturé à mon goût.

As-tu suivi une formation en art ou tu as développé ton savoir-faire et ton style par toi-même ?

J’ai fait une formation en Communications visuelles au Collège Merici. Puis j’ai étudié en Arts visuels et médiatiques à l’UQAM. Mes études m’ont servie pour faire de l’infographie, pour le reste j’avais déjà développé ma pratique par moi-même. J’ai donc décidé d’interrompre mon cours à l’Université parce qu’on essayait trop de me sortir de mes images lyriques. On voulait me faire faire de l’abstrait. Je n’aimais pas non plus peindre en classe. Je préfère peindre en toute intimité. J’ai commencé à peindre à l’âge de 14 ans. Je n’ai pas fini d’apprendre. Je regarde les autres artistes et j’essaie de comprendre leurs œuvres pour élargir mes horizons.

Est-ce que tu participes à des évènements particuliers pour exposer tes œuvres ?

Oui. Depuis 4 ans, je participe aux conventions de Comiccon de Montréal, Québec et Toronto. En 2014, je suis allé visiter le Comiccon de Montréal avec mon copain et j’ai pu voir qu’il y avait plusieurs artistes qui y louaient une table. Ça m’a donné l’idée de faire ça moi aussi.  Ce qui est bien avec ce type d’événement c’est qu’il y a toujours beaucoup de monde. À Montréal, on peut accueillir chaque année plus de 50 000 visiteurs. Auparavant, je me joignais à des expositions collectives diverses. Les événements étaient bien ficelés, mais le nombre de visiteurs était restreint. Il est difficile d’amener les gens à ces évènements. Maintenant, mon cercle de fans s’agrandit de plus en plus. C’est toujours touchant de voir les gens s’arrêter et discuter de mon travail. Dans les expositions dites plus « galerie » c’est moins évident pour la discussion. Les galeries au Québec sont malheureusement plus ouvertes aux arts traditionnels. Il y a peu d’ouverture pour mon genre. Je souhaite que cela change un jour. Si on va vers la Californie, c’est différent. Toutefois, vu la distance, c’est moins facile. L’année prochaine, je souhaite sortir du Canada pour de nouvelles conventions. J’irais peut-être à Boston pour commencer. Grâce à ma boutique en ligne, j’ai vendu plusieurs peintures ailleurs dans le monde comme en Suisse, au Kosovo, et j’ai vendu des macarons et des affiches au Royaume-Uni.

Donc tu offres des produits dérivés de tes peintures originales également ?

Oui, les produits que j’offre sont bien sûr les peintures originales, mais j’ai aussi des affiches, des sacs à bandoulière, des cartes de souhaits, des pendentifs, des broches, des macarons, et parfois des t-shirts. J’essaie de varier les produits, car je comprends que les gens parfois ne veulent pas juste des images à mettre sur les murs. Je propose donc une gamme d’objets diverse avec mes illustrations.