Philippe Berghella - GOSTARTIS MÉDIA

 

 

À l’adolescence, tu as appris à jouer de la guitare par toi-même. En évoluant dans le métier, est-ce que tu as continué de développer ton savoir-faire de manière autodidacte ?

Oui, je n’ai pas vraiment eu de cours de chant sauf un pour apprendre à développer ma voix de tête et un autre avec Cécile Jalbert qui m’a été offert par Paul Lévesque le producteur de mon premier album. D’autres formations que j’ai suivies étaient dans le cadre de la comédie musicale Don Juan. J’avais trois mois pour apprendre à me battre à l’épée et à danser le flamenco. Trois mois pour apprendre le flamenco, ce n’est pas assez long ! Ça m’aurait pris cinq ans pour être vraiment bon (rires).

Dans ta biographie, on dit que tu as expérimenté tous les styles pour progresser dans ton art. Qu’est-ce qui t’as donné envie de faire folk/pop? Quelles ont été tes plus grandes influences musicales ?

Le folk pop c’est ma version naturelle. J’ai grandi au Saguenay-Lac-Saint-Jean en écoutant  Les Colocs, Éric Lapointe, Cat Stevens…Ensuite je me suis ouvert à d’autres styles. J’ai embarqué dans Don Juan et Shéhérazade, ça m’a fait découvrir le style espagnol, les Gypsy King, et l’univers de Shéhérazade m’a ouvert sur l’Orient et la culture arabe même si ce ne sont pas des styles que j’ai exploités dans mes chansons personnelles.

Pendant 10 ans, tu t’es consacré à l’univers de la comédie musicale avec les spectacles Don Juan et Shéhérazade. Comment ces expériences t’ont fait progresser en tant qu’auteur-compositeur-interprète ?

Ça m’a influencé dans la façon d’écrire des chansons et d’essayer de faire vivre des émotions. Ça m’a fait réaliser que ma chanson pouvait devenir une sorte d’histoire bien construite si bien que je pouvais l’imaginer en vidéoclip.

Tu as auditionné à l’émission « La Voix » en 2014. Qu’est-ce que tu souhaitais aller chercher de cette expérience et qu’est-ce que ça t’as apporté ?

J’y suis allé parce que je ne vois pas de meilleures façons de se faire voir au Québec. Pour un chanteur, il n’y a pas d’autres émissions qui permettent de se faire valoir. En plus, j’ai cheminé dans ma carrière avec des émissions qui formaient des artistes de cette façon. Ma première année de carrière, quand j’ai sorti mon album solo, c’était aussi la première année de Star Académie. Quand tu bûches toute ta vie pour arriver à faire un disque, et que tout à coup il y a une porte d’entrée qui se présente sous forme d’un concours, ça facilite le cheminement. Tout à coup tu chantes devant quelqu’un qui a une certaine influence dans le domaine, ça change ton parcours. Ça fait au-dessus de quinze ans que je ressens que j’avance en marge de ceux qui peuvent participer à ces émissions-là. Comme j’avais signé un contrat de disque, je n’avais pas le droit de participer à Star Académie. Quand La Voix est arrivé, ce règlement-là n’existait pas. Même si tu as des contrats professionnels, tu peux aller à La Voix. J’y suis donc allé parce que, pour moi, ça allait de soi qu’il faut participer à ce genre d’émissions pour se faire connaitre. Cette expérience m’a emmené à travailler énormément parce que la moitié du travail d’un artiste est de se faire connaitre. Quand le public t’a identifié, il peut s’attarder à ton art. Ce n’est pas tout le monde qui s’intéresse à ton art, peut-être 20% des personnes qui te connaissent, vont te suivre et t’encourager. Même si c’est peu, ça ne me dérange pas. Je n’ai jamais voulu voir le côté business du métier parce que j’ai l’impression que ça tue la musique et mon cœur d’artiste. Je n’accepte pas de faire trop de finance ou d’administration parce que ça m’empêche de me laisser complètement aller dans mon art, ce qui fait que ça devient moins bon, je pense. Je ne peux pas être administrateur et artiste à la fois sinon je ne m’attarde qu’à ce que ça rapporte au bout. Ça sabote l’art, ça enlève le plaisir que ça donne sur le moment.

C’est quand même un beau défi de participer à un concours de chant pour un chanteur qui a déjà une carrière entamée.

Oui c’est un beau défi, mais en même temps tout le monde part sur le même pied d’égalité, car nous sommes jugés sur notre talent, pas notre notoriété. Ça ne change rien que tu aies une carrière derrière toi. Comme on dit : « Tu es dans la musique tant que la musique veut de toi. » C’est un peu ce défi-là que je relève tous les jours en faisant de la musique. Je me dis qu’un jour peut-être ça ne fonctionnera plus, mais j’ai confiance que ça n’arrêtera jamais sinon je me trouverais un autre emploi. J’ai énormément de chance, car je travaille beaucoup en ce moment. Je ne veux pas rester dans mon salon à attendre de me faire engager. Je fais un peu de tout quant aux salles où je chante. J’aime aller jouer partout parce que souvent, quand je vais chanter quelque part, ça m’apporte du travail ailleurs. Quelqu’un qui me voit à un spectacle peut m’engager pour autre chose comme une fête privée, un party de corporation, n’importe quoi.

Qu’est-ce que ton métier d’auteur-compositeur-interprète t’apporte sur le plan personnel ?

Une vie hors du commun, ça c’est certain (rires)! J’ai une vie un peu à part de la société au niveau de l’horaire de travail. Moi je travaille quand les gens ne travaillent pas et je suis en congé quand le monde travaille.

Quel a été le moment le plus marquant dans ta carrière jusqu’à maintenant ?

Il y en a tellement que je n’arrive pas à choisir. C’est sûr que la première fois que je suis allé chanter dans la rue, au Vieux-Port du Saguenay, il s’est passé quelque chose ! J’ai créé mon métier à partir de ce moment-là. C’était le début de toute une aventure. J’ai aussi été marqué la fois où j’ai chanté au Palais des Congrès de Paris. C’était la plus grande salle où je n’avais jamais chanté de ma vie ! J’ai eu l’impression de toucher quelque chose, d’avoir réalisé un rêve professionnel. En plus, j’ai rencontré  mon idole Johnny Hallyday, ce soir-là. Finalement, c’est sûr que d’être allé à La Voix et d’avoir rencontré toute l’équipe a aussi été fort marquant dans ma carrière.

Présentement, quels sont tes projets ?

Je suis en train de travailler sur deux extraits anglophones. J’écris des chansons en anglais depuis que j’ai 20 ans et même avant parce que ma famille paternelle est anglophone. Depuis ce temps-là, j’ai beaucoup de chansons écrites en anglais, mais comme les chansons anglophones ne sont pas tellement les bienvenues au Québec, c’est difficile de se trouver une compagnie de disque alors j’ai décidé d’être indépendant. Je m’autoproduis pour me donner une chance d’en sortir une ou deux. Je vais à mon rythme et c’est ça qui est plaisant. Rendu où je suis dans ma carrière, j’ai maintenant l’impression que je fais de la musique pour m’amuser. Je sens beaucoup moins la pression de performance et je profite davantage du plaisir de chanter.

Quels genres de contenus as-tu l’intention de produire pour les fans qui s’abonnent à ta campagne de financement participatif mensuel ?

Je veux faire des capsules de moments inédits, de spectacles, et de mon travail au quotidien. Ils auront donc accès entre autres à mes sessions d’enregistrement pour le développement de mes singles.

Qu’est-ce qui t’a motivé à partir une campagne de financement avec GOSTARTIS MÉDIA ?

Je trouvais que c’était une idée vraiment géniale parce que parfois les fans se sentent un peu démunis face à l’avenir des artistes qu’ils suivent. Avant, on encourageait les artistes en achetant leur album. Aujourd’hui, la vente d’album a beaucoup diminué alors je pense que de participer à la campagne de financement d’un artiste permet à ses fans d’aider cet artiste de manière plus personnelle. Le fait que les fans deviennent les producteurs de l’artiste c’est formidable. Je le ferais pour les artistes que j’admire moi aussi pour les encourager.

C’est intéressant de rapprocher l’artiste de son public dans le processus de créativité.

Oui, on s’entraide l’un et l’autre pour produire le matériel. Mon avenir dépend d’eux. La plateforme de GOSTARTIS fait le pont direct entre les fans et l’artiste. Avant il y avait beaucoup de barrières à franchir avant que l’argent des fans se rendent à l’artiste, avec GOSTARTIS on sait que l’argent des fans va directement à l’artiste.